Cette petite bosse

J’ai repris le chemin de l’Hopital en temps plein

Les journées de 11h sont dures à tenir et je passe mes après-midi sous une chape de plomb de fatigue

Je vois tous les jours des grossesses qui tournent à la catastrophe.

Je vois tous les jours des petits qui vont très mal.

Parfois il nous est impossible de donner une réponse exacte aux parents.

Le doute est insupportable.

J’accompagne des couples dans des décisions qui pèseront sur leur cœur toute leur vie.

Et le mien se sert à chaque fois en pensant a toi.

Je prend leur détresse de plein fouet.

Et pourtant j’aime tellement ce que je fais.

J’essaye de te protéger et de me protéger de ce que je vis à l’hôpital en ne faisant pas d’échographie en plus.

Je me débat pour te laisser en dehors de tout ca, pour ne pas nous identifier, pour ne pas surmédicaliser, pour ne pas paniquer.

Parfois je doute.

Ne devrais-je pas au contraire utiliser toutes les techniques qui sont au bout de mes doigts pour m’assurer que tu va bien ? Ai-je raison de me lancer dans un accouchement peu médicalisé où est ce que je te fais perdre des chances ? Est-ce que je risque de m’en vouloir toute ma vie?

Tes petits coups me font déconnecter quelques minutes de mon travail et de mes pensées.

Quand il me prend dans ses bras je ressens cette petite bosse entre nous.

Cette petite bosse qui signifie tellement. Cette petite bosse qui multiplie nos sentiments.

Mon cœur se gonfle.

Est-ce possible d’aimer autant ?

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Publié dans PMA

Le temps fut long

Le temps fut long et chargé d’angoisse

Voilà plus d’un mois que je n’ai pas écrit.

Un mois maussade, une boule de nerf surfant avec l’ennui.

Un mois où j’aurais eu le temps de faire beaucoup de chose dans ma liste « des choses que j’aimerai faire le jour où j’aurai du temps » mais où, paralysée je n’ai pu que regarder netflix et le ciel depuis mon lit.

Un mois à vivre au jour le jour, chaque jour étant gagné sur le temps qui nous sépare du soulagement .

Puis ce jour qui paraissait si loin est arrivé.

Vendredi dernier nous avions rendez-vous avec ma professeur d’échographie pour une écho T1.

Nous sommes arrivés 1h avant et nous avons déambulés dans les jardins empreint de la légèreté de personnes vivant un instant qu’ils n’auraient jamais pensé avoir le droit de vivre et de l’angoisse dû au sentiment d’imposture.

L’échographie s’est bien passé, notre petite merveille (puisqu’il semble que ce soit une petite même si cela n’est pas encore confirmé à 100%) gigote et se porte bien, le décollement s’est résorbé, tout est normal.

Blaise m’a regardé pendant l’échographie avec des yeux mouillés.

Je n’ai pas pleuré, ayant du mal à réaliser que ce qui se passait sur l’écran était en moi tant cette situation d’échographie et encore plus avec ce professeur est banale pour moi.

Ce n’est qu’en sortant, après avoir laissé sur place ma carapace de médecin que les vannes se sont lâchées.

Je suis enceinte.

Nous attendons un petit bébé. Et il va bien.

Tout ça me semble si irréel.

Nous avons commencé à l’annoncer aux proches, Blaise est si fier qu’il me fait réaliser le chemin parcouru. Je suis heureuse, bien-sûr, mais j’ai encore du mal à quitter ma réserve.

La nausée qui accompagne ces annonces qui devraient être des moments heureux me semble antinomique. Je vois bien que mon ventre s’arrondit même si je suis la seule à le voir, je sens une petite pesanteur et les nausées me rappellent que quelque chose se trame mais comment réaliser que dans quelques mois, si tout va bien nous aurons près de nous ce bébé si désiré ?

Comment réaliser que je vais être maman après ces derniers mois si compliqués ?

Notre chance me semble scandaleuse.

En l’annonçant à une amie j’ai vu un voile passer quelques secondes devant ses yeux. J’ai su. Je l’ai pris à part et je lui ai expliqué notre parcours et j’ai pu voir en elle un si grand soulagement. Elle est célibataire mais ne se remet toujours pas du départ de « l’amour de sa vie » 3 ans plus tôt alors qu’ils étaient en pleine exploration d’infertilité. Cet homme a osé lui dire qu’il était parti car il n’aurait pas supporter un parcours de PMA du à son syndrome des ovaires polykystiques. Depuis elle porte ce syndrome comme une maladie honteuse, en ayant l’impression de cacher un vice de fabrication à tout homme s’intéressant à elle. J’ai essayé de la rassurer à la fois sur l’amour véritable qui passe au-delà de ces difficultés de fertilité et sur ce syndrome qui ne l’empêchera pas d’avoir des enfants. Elle m’a écrit plus tard pour me remercier de lui avoir dit. Mais je ne peux m’empecher de me demander si lors de nos annonces il n’y a pas un autre voile que je ne détecte pas.

J’ai décidé d’accoucher en maison de naissance. Je veux avoir une rencontre la plus naturelle possible avec cet enfant et j’apprécie de n’avoir qu’un seul interlocuteur. La sage-femme qui va me suivre sera normalement celle qui m’accouchera, sans péridurale et dans une chambre ordinaire bien que rattachée à une maternité. Nous pourrons également rentrer à la maison quelques heures après l’accouchement et elle viendra nous rendre visite pour les soins.

Blaise a scruté lors de la visite tous les recoins et les transferts possibles, après une analyse médicale de la situation il a donné son accord. Le contact direct avec une maternité de niveau 3 et le fait d’avoir quelqu’un de confiance que l’on peut appeler à n’importe quel moment ont fini par avoir raison de son scepticisme du « sans péridurale».

Le nid semble sécure.

J’ai pu arrêter vendredi les piqures de progestérone et les patch d’œstrogène, il me tarde de pouvoir arrêter les 6 ovules de progestan. Plus que 2 semaines.

Je ne vous remercierai jamais assez pour vos messages durant cet été, je n’ai pas répondu à tous mais chacun a contribué à me faire tenir.

Nous voilà dans le train.

Je penses à vous.

 

Calme

Le temps a passé lentement, minute après minute

J’ai passé une dizaine de jour en considérant chaque fois que je me déplaçais que je transportais une cargaison de nitroglycérine

Nous avons perdu notre sourire béat et adopté une tension permanente

Le retour en avion fut éprouvant, tout déplacement me laissant un sentiment de culpabilité intense

J’ai annulé tous mes rendez-vous et mon travail, je suis entrée en hibernation. Mais bien incapable de dormir, incapable de lire, incapable de travailler, j’ai englouti des séries abrutissantes espérant ne pas penser.

10 jours sont passés et il me semble que cela a duré une éternité

Mais aujourd’hui j’ai eu une échographie et le petit tas de cellule fait désormais 15mm, à un petit cœur vaillant et des ébauches de membres.

2 décollements sont toujours visible mais il tient le coup notre champion(ne?)

Alors j’essaye de souffler et de m’autoriser à y croire du moins pour le moment même si je sais que les angoisses reviendront rapidement

Rien n’est acquis, tout est si fragile mais il est là, toujours là et la cadence de son petit cœur fait accélérer le mien

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Sang

Message à chaud et décousu

Tout allait pour le mieux

J’étais en vacances sur une île des Baléares

Nous avions enfin trouvé des Churros après 2 semaines a bassiner la belle famille avec mon envie impérieuse

Puis tout d’un coup du sang. Du sang rouge.

Assez pour traverser mes sous-vêtements et tacher ma robe

Angoisse et panique.

C’est foutu j’en suis sure.

Nous avons été accueilli aux urgences de l’hôpital universitaire, pas d’attente, des locaux tout neuf et des gens adorable face à deux angoissés ne parlant pas espagnol

Une échographie 10 minutes plus tard.

Un petit embryon de 3mm et un cœur qui clignote

Un décollement assez important, proche du col.

Menace de fausse couche.

Je n’ai plus qu’à attendre de voir si cela va se résorber ou s’aggraver…

Repos et angoisse

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La boule au ventre

Je ne pensais pas être si angoissée par cette bonne nouvelle

Je suis dans un endroit paradisiaque avec des gens que j’aime, certes je dois travailler pendant que eux se reposent mais même lorsque je m’accorde du repos je suis une boule d’angoisse

Je n’ai pas de nausées, pas de symptômes à part des douleurs proches des douleurs de règles en fin d’après midi. Cela me semble irréel.

Je suis tellement paniquée à l’idée que cela puisse s’arrêter, que peut-être cela s’est déjà arrêté.

Certains moments j’arrive à rêver, à me projeter mais la pluspart du temps je suis tétanisée. Le temps passe si lentement. Je voudrais tellement être rassurée.

Ma mère a qui j’ai annoncé la bonne nouvelle car elle était au courant de la FIV et à elle même connu cela me dit « le plus important c’est de ne pas stresser, c’est toxique pour le bébé ». Je suis morte de stress. Peut être que je lui fais du mal mais je n’arrive pas à me détendre avec ce doute terrible. Je culpabilise.

Comment une bonne nouvelle peut être me plonger dans cet état ? J’ai si peur que mon petit miracle me soit enlevé.

Je compte les jours, les heures.

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Evolution – edit

Quelques petites nouvelles pour dire que tout évolue bien!

Mardi :

Hcg 231

Oestradiol 247

Progestérone 7

Aujourd’hui jeudi:

Hcg 675

Oestradiol 397

Progestérone 57 (c’est bon on est au dessus des 15 !!)

Prochaine étape : echo le 6 août!

Je n’en reviens pas ! En espérant que le petit tas de cellule s’accroche bien bien! 🤞

Edit : J’ai fait une petite echo sus-pubienne (sur le ventre) en cachette parce que je pars à l’étranger pour 2 semaines et que je voulais être sure de ne pas faire de grossesse extra utérine et il semble bien y avoir un petit sac intra utérin ! 🤗🤗🤞

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Et si…

Il y a eu ce week-end sous le soleil .

Ce saignement samedi soir qui nous a inquiété.

La tension du résultat qui est devenue tout d’un coup intolerable 4 jours avant le jour J.

Il y a eu ce lundi matin ou n’y tenant plus j’ai été acheté un test urinaire dans le but de le faire mardi matin. Ce retour à la maison le test dans le sac et les 5 minutes que j’ai réussi à tenir avant de me lancer vers les toilettes.

Il y a eu ces 5 premières secondes où la barre témoin s’est affichée, seule barre rose sur ce fond désespérément blanc. Cette pensée « un test de plus comme les autres » puis l’apparition d’une très légère barre rose en plus, « est ce que je rêve ? » « ma pauvre vieille tu as tellement envie que ce soit positif que tu te l’invente » cette barre qui 5minutes après était bien là, pas l’ombre d’un doute.

Je suis toute seule dans mon appartement, le test positif à la main, curieusement très calme. C’est le vide total là haut.

Il y a eu les heures à attendre que Blaise rentre, ces choses ne s’annoncent pas par téléphone puis il risquerait de tuer un ou deux patients par manque de concentration.

Ce moment où il m’a serré dans ses bras comme si tout d’un coup toute l’émotion de cette PMA retombait sur ses épaules. Ses sanglots.

Je lui ai dit que ce n’était qu’un test urinaire, qu’il fallait attendre la prise de sang puis le contrôle de la prise de sang puis l’écho de localisation puis l’écho T1, que rien n’étais gagné. Mais punaise on a un test positif. Du premier coup. On en revient pas. Je trouve ça presque scandaleux.

Il y a eu une nuit agitée, un deuxième test d’une autre marque au levé (on sait jamais un mauvais lot….) marquant « enceinte 2-3 semaines ».

Cette prise de sang plus légère que les précédente.

Et puis il y a eu ce taux. HCG : 23I UI. 

Une pointe d’inquiétude au tableau, une progestérone très basse (7.4ng/ml) avec un vrai risque de fausse couche quand la progestérone est en dessous de 15ng/ml.

On passe a 6 ovules de progestan par jour + 1 injection de progiron.

On retient notre souffle mais c’est déjà totalement fou

Tiens le coup mon petit tas de cellules

Tiens le coup

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